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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

27 Jun

Turbulences champêtres

Publié par Michel Zordan

Turbulences champêtres  collection le net au pré, volet 1                                                                                               ISBN 978-2-9532863-9-7-                250 pages

Cette histoire exhale un doux parfum de roman de terroir.  Le milieu dans lequel l’histoire évolue,  c’est la campagne, celle du Sud-ouest. Une campagne où le dimanche, au petit-déjeuner on déguste des chocolatines tout juste sorties du four du boulanger, et non des pains-au-chocolat, la plupart du temps réchauffés aux micro-ondes. Une campagne où le marché fait office de journal parlé en live,  au cours duquel toutes les rumeurs, même les plus folles se colportent et se propagent sans aucune censure.  Chacun essayant d’en rajouter, pour paraître toujours plus informé que l’autre, une manière comme une autre pour capter l’audience.    Une campagne où flotte toujours un soupçon  de calme et de sérénité, une campagne encore et toujours accrochée à ses clichés d’hier, une campagne où l'on veut vivre comme avant, mais avec le modernisme et les contraintes d’aujourd’hui.  Une campagne avec les chants du coq à quatre heures du matin, le tintement des clochettes des ovins, des bovins, des caprins,  le beuglement des vaches, l’aboiement des chiens, le croassement des grenouilles, le caquètement des oies, le criaillement des pintades, les bruits des tracteurs, avec ses chasseurs, ses pêcheurs, ses clochers, ses cloches qui donnent l’heure. Une campagne avec ses senteurs du terroir, que certains étrangers malappris qualifies de mauvaises, et j’en passe… Une campagne du 3ème millénaire avec la télé, Internet, le portable, la fibre, le GPS, Face de bouc, Twitter, You-tube, et Instragram.  Une campagne souvent incomprise, en proie aux doutes, en proie aussi à la spéculation. 

Mais ici, à Saint-Jean/Automne,  la situation est encore plus alambiquée. Il  y a bien sur des fermes, mais surtout celle du Bouscarot.  Ensuite arrivent tous les acteurs. Je fais les présentations. D’abord, les Beaumont, de la ferme du Bouscarot. Martial, le fils, et le narrateur, Amélie la maman, et Marcel, le papa. Ensuite, viennent tous les autres, les bons, les méchants, les pas très futés, les ni trop bons ni trop méchants. L’étranger qui s’installe sans bruit, et ceux qui le tolère du bout des lèvres. L’étranger qui s’impose, et ceux qui le rabrouent.

En quelques mois et grâce au curé, le père Deslandes, le bourg a acquis une notoriété certaine, et même durant l’hiver, quantité de touristes font le détour. Cette célébrité soudaine a aussi eu pour effet de faire gonfler le nombre d’étrangers voulant y résider. Pour les habitants, c’est selon. Pour ceux qui pensent n’avoir rien à gagner (sinon des em…), le coupable est tout trouvé. Un curé, c’est fait pour dire la messe, célébrer les mariages, les baptêmes et enterrer les morts, pas pour faire du commerce à l’ancienne. Pour d’autres, les plus éclairés (enfin peut-être), ceux qui ont un peu, ou beaucoup à gagner, le curé est le sauveur. C’est celui qui a montré la voie. Une lumière peut-être divine est apparue dans le ciel de notre magnifique Sud-ouest, et notre saint homme a su trouver le premier « l’interrupteur ».

Extrait - Le Sud-Ouest est l’une des régions de France les plus prisées par les Anglais, ils s’y installent et cultivent la nostalgie des vieilles pierres et celle d’une très lointaine époque. Cette situation n’est guère du goût de tous les indigènes (ou autochtones, ou natifs, c’est la même chose, mais en moins bizarre). Certains considèrent en effet que ces populations ne font que reconquérir, par l’argent, les territoires dont ils avaient été chassés par notre Jeanne d’Arc emblématique. Ils les accusent de tous les maux, mais surtout de faire indûment grimper les prix des biens qu’ils convoitent. Toutefois, il est très rare que l’un de ces natifs (indigènes, ou encore autochtones) lorsqu’il a lui-même une maison à vendre, refuse la proposition d’un « envahisseur », qui, la plupart du temps, est bien supérieure à celle des locaux. Mais il faut bien le reconnaître, il y a aussi les purs et durs, qui ne sont pas disposés à céder le moindre pouce de terrain, surtout s’ils n’ont rien à vendre. Pour les plus combatifs, il était même grand temps de se mobiliser, afin de récupérer l’espace perdu.

Dans la petite commune de Saint-Jean-Automne, la situation était encore plus alambiquée. En quelques mois, le bourg avait acquis une notoriété certaine, et même, durant l’hiver, de nombreux touristes faisaient le détour. Cette célébrité soudaine avait pour effet de faire gonfler le nombre des personnes voulant y résider – surtout l’Anglais, toujours et encore lui, considérés par certains indigènes et même par d’autres (oui, oui) comme l’ennemi héréditaire.

Pour les habitants c’était selon. Pour ceux qui pensaient n’avoir rien à gagner (sinon des em…), une grande part de responsabilités incombait au père Deslandes et à son épicerie.

Un curé, c’est fait pour dire la messe, célébrer les mariages, les baptêmes et enterrer les morts, pas pour faire du commerce à l’ancienne.

 

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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.