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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

15 Jan

rentrée littéraire : la princesse de bronze 4

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #la princesse de bronze

la princesse de bronze-1Roman : la princesse de bronze - Auteur Michel ZORDAN

Extrait chapitre 1 - Le pacte, suite 3 (pages 28 à 34)

En un instant les deux corps ne firent plus qu’un. Tel l’uranium enrichi en manque d’eau, la fusion ne se fit pas attendre. Aztésia pouvait enfin ressentir ce que l’autre femme sur le tapis avait dû ressentir. Elle savait qu’une malédiction s’abattrait sur Raphaël, mais elle chassa bien vite ces pensés obsédantes de ses pensées.

 

Mes gestes étaient dictés par la divinité de l’amour. Mes doigts caressaient les reliefs de ce corps tout juste révélé à la vie, avec la dévotion d’un artiste interprétant la mélodie du plaisir. Tumultueuse et trop intense cette découverte de sens inavoués fît basculer nos deux êtres dans le fantastique vertige d’un monde ou l’alchimie inexpliquée de l’amour brise toutes les chaînes.

 

Au petit matin, Aztésia se leva, se glissa sous la minuscule douche mais oublia de refermer la porte. Le jet d’eau glacé me réveilla en sursaut… Un peu moqueuse elle me regarda faussement affecté.

 

– Excuses-moi, en six siècles j’ai un peu perdu l’habitude, et puis dans le palais il n’y avait pas de douche, juste de grandes baignoires. Tu as bien fait de ne pas en avoir installé une ici, elle aurait dépassée sur le palier.

 

Sa voix, encore plus suave, encore plus… Moins de 5 minutes plus tard, elle me rejoignit dans le lit tout chaud. De petites gouttelettes d’eau ruisselaient encore sur sa peau lumineuse. L’appel était trop fort et je ne pus résister.

 

C’est la sonnerie du mobile qui nous réveilla.

 

– Oui, c’est moi Raphaël Lemer ….

 

Le regard affolé, je me tournais vers le petit réveil, les aiguilles marquaient 11 heures.

 

– Excusez-moi chef, mais je viens tout juste de me réveiller, je ne me sens pas très bien, sûrement une angine, oui je pense même avoir de la fièvre.

 

– J’avais bien vu hier que tu n’étais pas dans ton assiette, si demain n’es pas sur pied va voir le médecin. Et envoies-moi sans faute ton certificat d’arrêt de maladie.

 

– Tu parlais à qui ?

 

– C’était mon chef, mais je m’en suis débarrassé, nous pouvons passer la journée tranquillement, nous pourrons faire ce qu’il nous plaît.

 

Vers 14 heures Aztésia et moi quittâmes l’appartement, l’appétit grand ouvert. La princesse de bronze revêtait une petite jupe à fleurs, avec tee-shirt imprimé, sous une veste assortie. La température était un peu fraîche, mais la belle ne semblait pas s’en soucier. Dans la rue sa démarche faisait retourner quelques passants. J’en étais fier et gêné en même temps. Aztésia était véritablement une princesse, j’avais encore du mal à croire à la réalité de la situation. De temps en temps, pour être certain de ne pas rêver, je me pinçais.

 

C’est elle qui me proposa d’entrer dans la cafétéria.

 

– Tu ne préfères pas un petit restaurant, ou même une brasserie ?

 

– Non, non, ici ça me convient très bien !

 

Lorsque nous arrivâmes devant le rayon boisson, Aztésia fit le geste de s’emparer d’une bouteille de vin. Puis après m’avoir jeté un regard espiègle, elle renonça.

 

– Je crois qu’il ne vaut mieux pas, ce n’est pas un endroit pour s’aimer, il y a trop de monde.

 

Utilisant le métro, une grande partie de l’après-midi, nous nous baladâmes. Ressortant au hasard, Gare d’Austerlitz, Musée d’Orsay, ou Place d’Italie. Lorsque nous refîmes surface à la station Bonne Nouvelle, Aztésia m’entraîna au Grand Rex. À l’affiche « The Amazing Spider-Man » en 3D. À plusieurs reprises durant la projection, je ressentis la pression de ses doigts sur mon bras. Lorsqu’Aztésia prit ma main pour la serrer très fort contre sa poitrine, son petit cœur battant la chamade me fit l’effet d’un aphrodisiaque. Pour réfréner mon envie de la prendre dans mes bras, je désactivais la case libido de mon cerveau et me focalisais sur l’action du film.

 

À la sortie je l’entrainai à mon tour à la table d’un petit restaurant.

 

– Alors, ça t-a plus ?

 

– C’était fantastique, je ne sais pas comment tout ça fonctionne, mais c’était fantastique. Tu sais, dans mon monde, les déesses et les dieux ont des pouvoirs, mais c’est très différent de ceux des personnages du film.

 

Pour la première fois de la journée Aztésia semblait pensive, presque anxieuse. Je mis cela sur le compte de la fatigue, depuis notre départ de l’appartement, nous n’avions cessé d’aller et venir.

 

Puis durant de longues minutes, sans prononcer un mot, Aztésia prit mes dans les siennes.

 

Une phrase du pacte lui revenait à l’esprit, « si après la première aube tu n’as toujours rien décidé sur la nature de ce maléfice, c’est moi qui choisirai à ta place et qui l’infligerai à cet homme ».

 

Maintenant et si ce n’était déjà fait, c’est Xauqui la déesse de la lune et des ténèbres qui choisirai le maléfice et qui se chargerait de l’infliger à Raphaël. Elle se demandait ce que cette machiavélique déesse allait bien pouvoir inventer pour me nuire.

 

– Cette nuit je vais te faire découvrir Paris, le vrai Paris. Aztésia semblait hésiter.

 

– Mais tu n’es pas fatigué, tu n’as pas envi que l’on reste seul dans notre maison ?

 

Aztésia, je dois absolument te faire découvrir toutes ces choses dont tu n’as jamais profiter. Paris c’est la ville du plaisir, une ville où l’on peut s’amuser à toute heure du jour et de la nuit. Jusqu’à maintenant je n’ai fait que travailler, mais avec toi les choses vont changer. Nous irons en boite, j’en connais deux ou trois très branchée. Il y a des gens très connus qui s’y retrouvent, des artistes, des stars de la télé, des mannequins. Je sais qu’ils ne laissent pas rentrer tout le monde, mais avec toi il n’y aura pas de problème. Nous passerons d’abord à la maison, tu te mettras cette petite robe noire, celle que tu avais hier soir. C’est un véritable passeport, ils ne pourront pas nous refouler, tu seras la plus belle, les autres filles seront vertes de jalousie.

 

– Mais tu ne veux plus être un guerrier du feu, ce travail ne te plaît plus ?

 

– Bien sûr que si, mais nous devons penser à prendre du bon temps. Depuis deux ans, j’ai travaillé 5 à 6 jours par semaine, pour un salaire de misère, ça va changer. Demain j’irai voir le médecin, en rentrant très tard, j’aurai forcément mauvaise mine, les traits tirés. Il m’arrêtera sans problème pour au moins huit jour. Et puis lorsque ça sera fini, j’y retournerai. Je ferai semblant d’être toujours fatigué, si nous sortons tous les soirs et que nous rentrons très tard, je n’aurai même pas à jouer la comédie. Il me fera faire des examens, ensuite il m’accordera au moins 8 jours de plus. Fait-moi confiance ma petite princesse de bronze, nous allons rencontrer beaucoup de monde. Je pourrai même peut-être trouver un travail moins fatiguant et beaucoup plus payant. Allez vas mettre ta plus belle robe, ce soir Paris est à nous.

 

 

À suivre chapitre 2 : le maléfice....

 

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