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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

02 Jan

Meurtre à la couette ou du foin sur le green

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Littérature, #roman, #Un auteur du Sud Ouest

meurtre à la couetteAvelyn avait sans nul doute pas mal de kilomètres au compteur, mais on sentait que les révisions avaient toujours été exécutées avec très grand soin, et chez les meilleurs spécialistes. Et si retouches il y avait eu, la finition était parfaite.  

 

 

Extrait 6 - À 18 heures 30 je garais mon voiture devant l’hôtel  Saint-Just, à Bouliac.  Trois à quatre minutes plus tard, je demandai au réceptionniste d’avertir Avelyn Abbott de mon arrivée.

 

  Elle va arriver, vous pouvez l’attendre sur la terrasse, face à la piscine !

 

Installé au milieu des vignes, plutôt moderne, l’hôtel tranchait du tout au tout avec son environnement. Ici, point de vieilles pierres mises en évidence, mais un luxe sobre  à consommer dans un raffinement exquis. Avelyn Abbott arriva, sa tenue était sage, mais elle révélait l’essentiel. Je me levai pour la recevoir, et sans trop savoir pourquoi, je lui baisai la main.

 

  Martial, Martial, vous allez vite en besogne, parlons d’abord affaire. J’ai commandé du champagne, ça ira !  Ne vous inquiétez pas, c’est moi règle l’addition.

  

Cette petite pique, c’était juste pour me rappeler à l’ordre, c’était elle qui menait les débats, si je ne voulais pas me faire manœuvrer je devais la jouer très fin.

 

  Austin Alexander Abbott, m’a tout raconté au sujet de votre visite de dimanche matin, il était très en colère. Il n’avait  pas prévu autant de résistance, il pensait qu’en distribuant des dollars, l’affaire était gagné d’avance. Il n’a pas compris que l’euro est aujourd’hui plus fort que le dollar. Vous lui avez demandé 20% des parts pour les Beaumont, ça ne passe pas. Cela ne me déplait pas que vous lui résistiez, j’ai pensé que nous pourrions nous entendre.  Je suis là pour en discuter, mais je dois vous informez de certaines petites choses.  Monsieur Valéry Fréjus, l’homme qui a proposé à vos parents de louer leurs terres, son seul but est de tout faire pour que le projet du  golf de Saint-Jean échoue.  Savez-vous  pourquoi ?  Parce qu’il a un projet identique à Varens,  à moins de 30 kilomètres de Saint-Jean.  Il possède déjà un golf sur la côté Landaise et il souhaite en créé un second.   Si Abbott concrétise rapidement, Valéry Fréjus est obligé d’enterrer son projet. Voilà pourquoi mon mari est si pressé.  Voici ma proposition, je vais offrir à mon mari de rentrer dans l’affaire à hauteur de  20 % des parts. Si l’on prévoit 16% pour les Beaumont, 15 % pour les autres actionnaires, il lui reste 49%.   Il se rattrapera  avec le complexe immobilier et l’hôtel-restaurant  de luxe. Alors vous en dite quoi, mon cher ami ?  En plus, pour vous,  il y aura la cerise sur le gâteau !

 

  Juste une question, pourquoi faites-vous ça ?

 

  Parce que je sais que cette affaire peut être très  rentable, et que vous me plaisez ! Cela vous suffit-il  comme raisons ?  Mais une seule chose compte, il faut agir rapidement se décider rapidement.  Je repars aux States à la fin de la semaine, si tout peut être régler avant, c’est bon pour moi, sinon je renonce.  Alors, cher ami, vous en dites quoi ?

 

– Votre proposition parait intéressante,  pour moi, mais pour vous également.  20% vous permet de jouer éventuellement les arbitres, ça ne me déplait pas. 

 

  Je savais  que je pouvais compter sur vous, et si nous allions dîner ! 

 

Ligne oblige,  la belle dame ne croqua qu’une salade, mais elle but plusieurs verres de vin. Durant tout le repas Avelyn Abbott me fit l’effet d’un accélérateur de particules. Pas de trucs trop visibles, juste de petites gestes, des papillonnements incessants de cils  et autres attitudes anodines qui vous travaillent la libido.  Et lorsqu’elle me proposa de monter boire un dernier verre dans sa suite, je m’entendis dire, pourquoi pas !  Sûrement l’inhibition due à  l’alcool  ou à autre chose. Une petite pensée  pour  Lisa traversa mon esprit, mais bon, il n’y avait pas encore eu grand-chose entre nous.  Et puis merde, je ne pouvais pas laisser Avelyn Abbott monter seule dans sa chambre, ça ne se fait pas.

 

Avec les belles mécaniques des années 60, pas question de départ précipité. Les réglages se font au tournevis et à l’oreille. Le démarrage au stater est obligatoire, ensuite le moteur doit progressivement monter en régime,  et les vitesses se passent au compte tour. Mais dès que tout ronronne, la conduite devient un régal.  Le  12 cylindres en V faisait des prodiges, quelques  vibrations, mais la régularité cyclique était irréprochable. Dès que vous les sollicitez, ces belles réagissent en vrombissant, ensuite c’est une véritable mélodie, rien que de la générosité, elles vous donnent tout ce qu’elles ont.   Avelyn avait sans nul doute pas mal de kilomètres au compteur, mais on sentait que les révisions avaient toujours été exécutées avec très grand soin, et chez les meilleurs spécialistes.  Et si retouches il y avait eu, la finition était parfaite.   

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