Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

24 Apr

Les raisons de l'exil

Publié par Michel Zordan

Même si cette histoire vient en partie d’ailleurs, elle se raconte en Gascogne, pays de l’Armagnac .

En FRANCE, le périple de la famille MONTAZINI débute en 1930.  Dans le premier ouvrage, l’histoire fait état des raisons de leur exil.

Persécutée par des éléments fascistes, notre famille est contrainte de s’expatrier en France. Avec déchirement, nous laissons en Italie,  notre maman  et nos grands-parents, tous trois décédés tragiquement au cours de l’année 1929.  Le premier février 1930, papa, Mariéta, ma grande sœur, et moi, nous foulons pour  la première fois le sol de France. Je ne suis alors âgé que de huit ans, et ma sœur de onze. Notre père a obtenu un travail d’ouvrier agricole, au château Tourne Pique, grande propriété située dans la petite bourgade de Floréal. À notre arrivée en Gascogne, nous sommes pris en charge par Aristide Clément Autun, capitaine dans l’armée. Quelques mois plus tôt, celui-ci avait  hérité de son oncle, Isidore Clément,  du château Tourne Pique, reconstruit au début du XIXe siècle, et de ses sept métairies. Situé dans le Gers, à trois kilomètres de Floréal, le château Tourne Pique est en réalité une grande maison bourgeoise de trois étages, flanquée d’une tourelle à chacune de ses extrémités. Dressé sur une colline, il domine toute la campagne environnante. Haut lieu de l’Armagnac Ténarèze fort prisé, le château Tourne Pique dispose de quatre-vingt-cinq hectares de vignes. Afin de régler les droits de succession et les quelques dettes que l’oncle Isidore a également laissées en héritage, le capitaine est obligé de se séparer de la ferme de L'Arcange. 

Pour l’auteur, le choix du milieu dans lequel l’histoire évoluerait ne s’est pas posé. Il lui est paru évident qu’il ne pouvait être que celui des paysans Gascons, pays de son enfance. Le point d’orgue étant la production d’armagnac, incontournable lorsque l’on parle de la Gascogne d’entre deux guerres. Sans y paraître Michel ZORDAN décrit des scènes champêtres, idylliques, mais bien réelles, dans lesquelles la solidarité est omniprésente. Même si ces scènes semblent aujourd’hui bien désuètes et surtout révolues, elles faisaient, il n’y a pas très longtemps, réellement partie de la vie des paysans Gascons.

Résumé - Une banale mauvaise rencontre, et la vie d'une famille ordinaire bascule dans le drame. Devant la désertion et l'inertie, le père, homme tranquille, n'a alors d'autre solution que de s'ériger en dernier rempart. Dans les années trente, la saga des Montazini, obligés de s'exiler en Gascogne pour échapper à la haine d'un fasciste fanatique. Mais la distance entre l'Italie et leur refuge sera-t-elle suffisante ?

Extrait- Le trois août 1930, quelques mois à peine après notre arrivée sur le sol de France, la famille Montazini, ma famille, emménageait à L’Arcange. C’était l’un des bonheurs que le destin nous envoyait. Je me rappelle très bien ma première visite dans cette maison. Je précédais papa et Mariéta et, comme pour découvrir un trésor, j’appuyai doucement sur la clé du loquet. Puis, lentement, dans un grincement, j’avais poussé toutes les portes, et mon imagination s’était aussitôt mise à pétiller. J’étais persuadé que cette valeureuse bâtisse, baptisée du nom un peu insolite de L’Arcange, recélait des secrets et des mystères enfouis depuis la nuit des temps. Je ne m'étais pas trompé.  

Extrait - À la place de la revêche madame Gourdes apparut une jeune femme, très, très belle. Sa beauté était très différente de celle qui émanait de Madame Éliette, mais je ne pouvais pas expliquer pourquoi. Son parfum, également captivant, n'avait, là encore, rien de commun avec celui de l'épouse du capitaine. Je ne l'avais jamais vue auparavant, et pourtant, elle m'offrit spontanément des bonbons. La clochette avait-elle le pouvoir de transformer l'acariâtre buraliste en cette merveilleuse créature, aux formes si généreuses ?

Extrait - La main de notre père se referma un peu plus fort sur les nôtres. Dès notre arrivée à L'Arcange, papa nous parla, mais en italien, ce qu'il ne faisait jamais plus depuis qu'il se débrouillait en français. Ensuite, il se dirigea vers l'armoire de sa chambre et monta sur une chaise. Ma sœur et moi le vîmes redescendre avec un objet tout en longueur, enveloppé dans un vieux drap. Il le déposa sur la table et écarta le tissu. Un fusil apparut, c'était un modèle à broche calibre 16, avec des chiens extérieurs, il devait dater de la fin du siècle dernier.

Commenter cet article

Archives

À propos

Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.