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12 Jan

L'héritière aux deux royaumes

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest, #Michel Zordan, #les exilés de l'arcange

– Mona, l’amour n’avertit pas, ça arrive comme ça. Ça vous tombe dessus, sans trop savoir ni pourquoi, ni comment, sans se préoccuper de la couleur de peau. L’amour est une alchimie imprévisible que personne n’a jamais réussi à décrypter. L’amour va au-delà des conditions et des raisons, l’amour c’est ce qu’il y a de plus juste sur cette terre. Mais tu m’avais déjà posé cette question, est-ce si important pour toi de savoir ?

 

Mona ne répondit pas, mais son visage s’éclaira plus encore. Après quelques kilomètres, elle remit ça.

 

– William, le jour de notre départ tu m’as embrassée, le lendemain aussi, et depuis plus rien.  Je ne te plais plus ?

 

 Je venais juste de réaliser que Mona et moi avions abandonné, sans même nous en rendre compte, le « vous » pour le « tu ».

 

– Mona, tu me plais toujours autant, je crois juste que la situation ambiante ne s’y prête pas. 

 

Enclavée dans le fond d’une petite gorge, la piste devenait de nouveau très difficile. J’avais l’impression que toute l’eau du monde était passée par ici. Devant nous, un trou de presque un mètre profondeur. Je roulai au pas, le second pont engagé, je pus franchir l’obstacle, mais j’hésitai à poursuivre. La chaleur était torride, à peine supportable, pourtant Mona ne se plaignait pas. Mon chapeau de brousse tenait plus d’une serpillère que d’un chapeau. Je le mis à sécher à l’arrière de la jeep et coiffai une casquette.

 

– Mona, tu vas rester ici avec la jeep, moi je vais faire une petite reconnaissance à pied.

 

Moins d’un quart d’heure plus tard j’étais de retour. Mona avait réchauffé du café.  

 

–Alors, comment est-ce plus loin ?

 

 – Nous avons encore trois à quatre cents mètres un peu compliqués, mais ça ira. Après nous pourrons remonter sur le côté et partir à travers la savane. Nous allons naviguer à la boussole.

Il faisait chaud, très chaud. Mona retira son foulard et s’approcha de moi. Son visage me semblait encore plus lumineux, son grain de peau encore plus exceptionnel. Elle s’approcha plus près. Sa voix était chaude, ses paroles susurrées comme une brise de printemps.  

 

– Pardonne-moi si je te pose des questions un peu maladroites, mais c’est terminé, je ne t’en poserai plus. Si tu veux m’embrasser, tu peux le faire, sans rien me demander, mais je ne te poserai plus de questions, promis.

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Littérature - L'auteur présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.